Texte pour les questions de 16 à 20
Faire renaître le projet européen pour lutter contre les nationalismes
Le monde traverse une zone de turbulence alimentée par des déséquilibres économiques et financiers qui touchent en particulier l'Europe, continent historiquement dominant, en perte de vitesse. Au niveau national, cela se traduit par une perte de confiance de nos concitoyens, un repli sur soi et une montée des populismes et autres nationalismes. Ceux-ci ont beau jeu d'incriminer l'Europe et l'un de ses principaux symboles, l'euro, devenu bouc émissaire de tous nos maux. Pourtant, compte tenu des enjeux actuels et à venir pour nos sociétés et de la dynamique croissante et complexe de mondialisation, il n'y a pas d'autre alternative qu'un projet européen réaffirmé et renouvelé, qui en plus d'apporter des solutions concrètes, sera porteur de sens.
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Les responsables politiques semblent impuissants à trouver des solutions, plus concernés par les prochains enjeux électoraux que par la nécessité de répondre aux préoccupations des citoyens.
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Et c'est là que les partis nationalistes et autres extrémistes attaquent ! Le Front National pour la France, les Vrais Finlandais, ou les autres partis extrémistes européens n'ont pas cessé d'enregistrer des succès depuis le tournant du siècle. Quelles sont leurs recettes ? Des réponses simplistes à des problèmes complexes, un rejet de l'immigration responsable selon eux du chômage croissant et enfin un euroscepticisme violent: l'Europe est en effet accusée d'être le « cheval de Troie » de la mondialisation et incapable d'apporter des solutions. Or si l'on y regarde d'un peu plus près, il apparaît vite que les réponses apportées par ces partis sont facilement contestables et surtout d'un autre temps ! Concernant la sortie de l'euro, par exemple, au-delà des conséquences politiques difficilement prévisibles d'un pays à l'autre, la plupart des économistes estiment que cela serait catastrophique.
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Quant à l'immigration, il devient urgent d'expliquer simplement qu'elle n'est pas la raison du chômage et que les emplois occupés par les immigrés ne sont pas ceux que veulent les chômeurs français car ils sont plus pénibles, moins bien payés et ne correspondent pas aux aspirations d'un certain nombre de nos concitornos. Par ailleurs, compte tenu de l'effondrement démographique en Europe, l'immigration va être de plus en plus nécessaire. A partir de 2015, l'évolution démographique de l'ensemble de l'Union européenne sera négative. Or pour les économistes, le premier facteur de décroissance est la baisse de la population. L'immigration est donc le premier moteur de la future croissance européenne.
Les marges financières restreintes pour la plupart des nations européennes sont un argument de plus pour une mise en commun de nos moyens au niveau européen. C'est notamment vrai pour les investissements en recherche et innovation qui pourraient permettre de créer les industries du futur, porteuses de croissance et pourvoyeuses d'emplois qualifiés qui seuls permettront de faire baisser le chômage.
Enfin, concernant l'immigration, au-delà de l'argument sur la force de travail nécessaire, il est urgent d'instaurer entre l'Europe et ses voisins du Sud une véritable politique de mobilité et d'intégration, avec, à la clé, des visas de travail, des coopérations universitaires, l'harmonisation des formations professionnelles et des programmes spécifiques pour les migrants à leur retour dans leur pays. C'est notre devoir et c'est aussi la meilleure solution pour développer des relations équilibrées et pacifiées autour de la Méditerranée.
Mais l'Europe doit aussi répondre aux aspirations plus immatérielles des citoyens. L'évolution du monde et sa complexité, les bouleversements des repères traditionnels comme la famille, le travail, la place de l'Eglise, contribuent à créer un sentiment de perte de repères pour l'individu, qui s'exprime notamment dans les différentes enquêtes d'opinion, en particulier chez les jeunes. Ainsi selon l'indice 2011 de l'Observatoire de la confiance de la poste, 83% des jeunes français entre 15 et 25 ans pensent que le monde va mal et 71% ne font pas confiance à l'Etat!
Face aux nationalistes qui jouent sur ces craintes, la peur de l'autre et du déclassement, qui prônent un repli sur soi et la fermeture des frontières, il faut oser réaffirmer que l'Europe, c'est aussi un projet de civilisation basé sur des valeurs fortes telles que la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité.
Thomas Houdaille. In: Le Monde, 5/5/2011 (adapté).
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