Texte pour les questions de 11 à 15
L'élection de François Hollande a bouleversé la donne en Europe. La gauche européenne a repris des couleurs. Les prémices de ce changement sont apparues un peu avant la présidentielle française, avec l'éclatement fin avril du gouvernement de coalition néerlandais, qui était l'un des plus fervents partisans de l'austérité au sein de la zone euro, et la victoire en mars du social-démocrate Robert Fico en Slovaquie. Les échecs cumulés du parti conservateur de la chancelière allemande lors de plusieurs scrutins régionaux sont autant d'autres signes avant-coureurs. Mais la victoire de François Hollande pourrait marquer un tournant décisif.
De nouvelles alliances sont désormais possibles. Les socialistes et démocrates au Parlement européen, qui militent depuis longtemps pour la mise en œuvre d'une politique de croissance, ont reçu le soutien explicite du nouveau président français. Plusieurs mesures visant à promouvoir l'investissement public pour le ramener au niveau d'avant la crise sont sur la table. Il faudra faire des choix.
Il faudra avant tout transformer la << règle d'or >>, et les restrictions économiques qu'elle entraîne, pour en faire une règle d'or de l'équilibre budgétaire obtenu par une relance de la croissance grâce à des investissements publics.
La correction des inégalités dans la redistribution des revenus et des richesses fait aussi partie intégrante du redressement économique de l'Union européenne (UE). Le fossé entre les riches et les pauvres s'est creusé dans plusieurs pays européens. En ramenant la distribution de la richesse au niveau d'il y a vingt ans, nous pourrions relancer l'emploi par une reprise de la consommation.
Les propositions fiscales de François Hollande et de Barack Obama vont dans la même direction: corriger les inégalités et augmenter les recettes de l'Etat ainsi que sa capacité d'investissement. Une stratégie commune tenant compte des différences et particularités nationales doit être développée pour faire avancer cet objectif. Il nous reste néanmoins une tâche immense pour rééquilibrer et ajuster les marchés financiers.
En outre, la coopération entre les socialistes et démocrates européens et les démocrates américains doit s'intensifier en matière d'immigration, de droits de l'homme et de droits civiques. Nos sociétés sont des sociétés de grande diversité. Nous ne pouvons plus les diviser entre majorité et minorités, entre nous et eux. La mondialisation ne peut pas être arrêtée et ne doit pas s'arrêter. Mais nous avons besoin d'une forte coopération transatlantique pour la rendre plus juste. Pas d'une coalition rassemblant des pays prêts à intervenir dans un pays étranger sans le soutien des Nations unies. Nous avons besoin d'une alliance transatlantique des forces progressistes qui veulent apporter plus d'équité et de justice.
L'échec des politiques conservatrices en Europe, avec son lot de chômage élevé et de montée de la xénophobie, d'un côté, et l'élection de François Hollande, de l'autre, ouvrent la perspective d'une nouvelle alliance globale. La coopération entre l'UE et les Etats-Unis doit en être le ciment, mais tout en invitant d'autres pays à y participer.
Hannes Swoboda. Construisons une alliance transatlantique progressiste. In Le Monde, 23/5/2012
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