Le « French bashing »… ou l'art de s'en prendre aux
Français. D'abord cantonnée aux médias anglo-saxons, qui
l'ont inventée, l'expression est maintenant entrée dans notre
vocabulaire. Cela fait bien longtemps que nos voisins nous
brocardent, parfois gratuitement, mais souvent avec talent. II
est vrai que nous les avons bien aidés. Car rares sont les
peuples qui, comme les Français, sont capables de soupirer sur
leur sort au point d'en faire une marque de fabrique reconnue
dans le monde entier. Mais, au lieu de corriger nos défauts,
nous les avons choyés, revendiqués presque avec fierté.
Sûrs de notre supériorité morale, culturelle et
intellectuelle, nous n'hésitons pas à les lancer à la face du
monde entier, comme pour le défier. Rien d'étonnant, du coup,
que la presse étrangère éprouve un malin plaisir à casser du
sucre sur notre dos. Les occasions n'ont pas manqué ces
derniers temps: une économie brinquebalante « la France
homme malade de l'Europe » se décline désormais dans toutes
les langues, des gouvernements qui promettent plus qu'ils
n'agissent et des partis politiques qui préfèrent s'entre-déchirer
de droite à gauche plutôt que de redonner de l'élan à un
pays qui a le moral dans les chaussettes. Parmi le vaste choix
de péchés nationaux qui nous était offert, nous en avons choisi
sept, comme il se doit, qui paraissent impardonnables à nos
voisins, et petite consolation autant de qualités. Car, là
dehors, quelqu'un nous aime encore un peu…
Gian Paolo Accardo et Emmanuelle Morau. Cogner les Français.
Courrier International, hors-série, Novembre-Décembre 2014
Jugez si les items suivants, relatifs au texte IV, sont vrais (C) ou faux (E).
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L'expression « au lieu de » (l.9) pourrait être remplacé, sans changer le sens de la phrase, par à la place de.
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Le verbe choyer à la ligne 10 signifie traiter avec tendresse, entretenir avec amour.
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L'expression « s'en prendre aux » (l.1) signifie se croire supérieur à ce que l'on est.
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Le verbe brocarder à la ligne 5 signifie tourner en dérision.