CACD

LÍNGUA FRANCESA 2015
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Questão 2015
Texto Auxiliar 1

Artisan d'une langue classique, précise et sobre,
distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et
en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et
épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique
l'usage avec beaucoup d'humilité. «Le portugais mozambicain
ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique –
est lui-même un lieu de conflits et d'ambiguïtés. L'adhésion
mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus
apparents, d'approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à
l'occasion d'un discours prononcé à l'université de Faro, au
Portugal.
António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu'il
était enfant parce qu'il aimait les chats, affectionne les
positions défavorables et les contradictions productrices de
sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée
non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un
nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la
science; un écrivain en terre d'oralité. » (…) J'appartiens à
une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd'hui deux à
trois mille. » A la lecture de son œuvre, on comprend que ces
considérations ethniques lui importent peu, car pour lui
« chaque homme est une race », et c'est sans doute là son
unique doctrine politique.
(…)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas
le portugais; ils seraient encore 60% aujourd'hui. En songeant
à la proximité de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la
Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du
Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été
tentés d'adopter l'anglais comme langue officielle pour effacer
toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès
du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut
débattue. La décision (rédigée en anglais…) de faire du
portugais un véhicule de communication entre les diverses
ethnies et une langue d'unification du pays signa la
transformation revendiquée d'un instrument de domination
coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas
comme un héritage, mais como le plus important trophée de
guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de
l'écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et
reste un butin de guerre. » C'est ainsi que « le gouvernement
mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des
siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour
la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa
propre intériorité ».
(…)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes
furent reconnues « langues nationales » par la Constitution
nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue
officielle ». (…) L'œuvre de Couto est née dans ce champ
magnétique linguistique inédit: l'idiome portugais n'est pas la
langue des Mozambicains, il est la langue de la
« mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin
au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait
un million de morts.
(…)
Accompagnant la naissance d'une nation dont il a
voulu qu'elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de
« mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et
les modernistes de São Paulo l'avaient « brésilianisé » dans le
premier quart du XXe siècle, afin d'inventer un imaginaire
politique et littéraire autochtone.
(…)
Avec des mots qu'il semble redécouvrir à chaque fois
qu'il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de
rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets
les rêves des enfants et presque supportable le poids du
malheur. « J'écris pour être heureux. La poétesse portugaise
Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses
enfants souffrants s'endorment. J'écris pour endormir un
monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j'invente des
histoires. ».(…)
Sébastien Lapaque. L'interprète du Mozambique. In Le
Monde diplomatique, février 2015 (adapté)

En ce qui concerne le texte VIII, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).

  1. À la ligne 45 « furent » est le passé simple du verbe aller.

  2. À la ligne 53 « dont » est un pronom relatif complément de nom.

  3. À la ligne 65 « s'endorment » est le présent du subjonctif du verbe s'endormir.

  4. À la ligne 20 « lui » est un pronom tonique.